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	<title>magazine CARTO &#187; ASIE-OCÉANIE</title>
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	<description>Le monde en cartes</description>
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		<title>Kaboul parie sur ses mines pour se développer</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 08:59:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Julien Arnoult (mai 2011) Carte de Laura Margueritte Longtemps État tampon perdu entre plusieurs empires, l’Afghanistan est aujourd’hui à la croisée des chemins, notamment grâce à sa richesse minière et à sa proximité géographique avec de grands pays émergents. Si la sécurité s’est améliorée par endroits, il lui reste tout à bâtir pour]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Texte de Julien Arnoult (mai 2011)<br />
</em></strong><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Longtemps État tampon perdu entre plusieurs empires, l’Afghanistan est aujourd’hui à la croisée des chemins, notamment grâce à sa richesse minière et à sa proximité géographique avec de grands pays émergents. Si la sécurité s’est améliorée par endroits, il lui reste tout à bâtir pour acquérir un rôle de transit.</em></p>
<div id="attachment_1109" class="wp-caption alignnone" style="width: 459px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0306_Afghanistan_Ressources_V2web.jpg"><img class="size-large wp-image-1109" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0306_Afghanistan_Ressources_V2web-1024x751.jpg" alt="" width="449" height="327" /></a><p class="wp-caption-text">(© Areion/Capri)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1108"></span>Doté d’un sous-sol riche en matières premières (fer, cuivre, or, cobalt, niobium, ­lithium, etc.), pour un montant estimé à plus de 3 000 milliards de dollars, le gouvernement afghan compte utiliser son potentiel minier encore inexploité comme levier de développement économique et de désenclavement. Or les moyens humains, techniques et financiers manquent pour qu’il puisse en tirer parti par lui-même. D’ailleurs, son budget est tributaire à 90 % de l’aide internationale, sans compter les énormes dépenses de sécurisation du pays… qui sont assumées par les 48 États participant à la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), sous l’égide de l’OTAN.<br />
Plus que d’investisseurs, l’Afghanistan a besoin de partenaires auxquels il cède la conduite de ses projets. Il a donc confié en 2008 l’exploitation du dépôt de cuivre d’Aynak, dans une région considérée comme calme à 30 km au sud de Kaboul, à un consortium chinois mené par la China Metallurgical Group Corporation, pour un investissement inédit de 3 milliards de dollars. Malgré un potentiel d’exploitation estimé à 88 milliards de dollars et un contrat de concession de trente ans, les sociétés chinoises sont chargées avant tout de construire un complexe électrique pour alimenter le site ainsi qu’un réseau ferré le reliant au littoral pakistanais, qui font défaut. Le consortium sert ses intérêts et subséquemment ceux de l’Afghanistan. D’ailleurs, la Chine populaire est historiquement un partenaire solide et unique des pays en développement : elle a érigé le chemin de fer désenclavant la riche Zambie vers la côte tanzanienne dans les années 1970.<br />
Pour mettre en valeur le minerai de fer du site de Hajigak, situé à 130 km à l’ouest de Kaboul, le gouvernement espère un destin identique à celui d’Aynak. Après l’échec du premier appel d’offres début 2010, il en a lancé un second début 2011, avec des candidatures indiennes, chinoises, iraniennes et turques… mais aucun des mastodontes du secteur minier mondial, à l’instar des ­australo-britanniques BHP Billiton et Rio Tinto, n’a concouru lors des deux sessions.<br />
Si les mines induisent la construction de chemins de fer pour le transport et l’exportation de minerais, le choix des écartements de voie pose un défi stratégique, avec le risque d’un développement tourné vers l’extérieur. Dépourvu de réseau ferré, l’Afghanistan a pour voisins des pays dont l’écartement diffère : le système iranien aux standards internationaux (1,435 m) à l’ouest, les normes héritées de l’Union soviétique (1,52 m) au nord et le réseau de l’ancien Empire britannique des Indes à l’est et au sud. Or cette bataille du rail a déjà commencé. En attendant leurs extensions, les lignes pakistanaises et ouzbeks traversent tout juste la frontière, respectivement à Torkham et Hairatan. Et l’Iran a entamé la construction du chemin de fer reliant Hérat à Meched, et conduisant au port de Bandar Abbas. Au niveau régional, c’est une liaison avec la Chine, via l’Afghanistan et le Tadjikistan, que les deux empires projettent.<br />
À l’Afghanistan désormais de faire valoir son intérêt national à l’avenir, plutôt que de laisser ses puissants voisins décider pour lui.</p>
<p>Article extrait de <a href="http://www.carto-presse.com/?p=635" target="_blank"><em>CARTO</em> n° 5</a>, Mai-Juin 2011</p>
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		<title>Nouvelles lignes ferroviaires sur le toit du monde</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 08:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Caroline Ronsin (mars 2011) Carte de Laura Margueritte L’ambitieux projet chinois de construction d’infrastructures au Tibet se poursuit avec le prolongement de la voie ferrée, inaugurée le 1er juillet 2006, reliant la capitale Lhassa au reste de la Chine. Participe-t-il au désenclavement de la région ou constitue-t-il une agression culturelle ? &#160; Depuis 2000, le gouvernement de]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1104" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0301.Nepal_Chine_Train_V2web.jpg"><img class="size-medium wp-image-1104 " src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0301.Nepal_Chine_Train_V2web-300x259.jpg" alt="" width="300" height="259" /></a><p class="wp-caption-text">Le « transtibétain » : de Pékin à Katmandou (© Areion/Capri)</p></div>
<p><strong><em>Texte de Caroline Ronsin (mars 2011)<br />
</em></strong><strong><em>Carte de<br />
Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>L’ambitieux projet chinois de construction d’infrastructures au Tibet se poursuit avec le prolongement de la voie ferrée, inaugurée le 1<sup>er</sup> juillet 2006, reliant la capitale Lhassa au reste de la Chine. Participe-t-il au désenclavement de la région ou constitue-t-il une agression culturelle ?</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-1103"></span>Depuis 2000, le gouvernement de la République populaire de Chine a mis en œuvre un projet de développement de la région autonome du Tibet, l’une des plus pauvres du pays (le revenu moyen des habitants est inférieur d’un tiers au revenu chinois). Durant la dernière décennie, 300 milliards de yuans ont déjà été dépensés pour intégrer cette région à l’économie nationale, et les projets se poursuivent. L’extension du réseau ferroviaire tibétain vers Shigatse, actuellement en construction, en fait partie, tout comme les prolongements prévus à l’ouest vers Katmandou, à l’est vers Nyingchi et au sud vers Dromo (<em>cf. carte</em>).<br />
Au cours des cinq dernières années, la construction d’infrastructures pour le désenclavement du Tibet a largement participé à la croissance forte de la région autonome qui a atteint 12 % en moyenne annuelle. Pourtant, la redistribution des fruits de la croissance et les intentions véritables du gouvernement chinois suscitent de nombreuses interrogations. Il apparaît ainsi que les Hans (l’ethnie majoritaire en Chine) sont le groupe qui a le plus bénéficié du développement économique, aux dépens des Tibétains dont le niveau d’éducation et de formation est trop bas pour participer à la croissance du secteur des services.<br />
En outre, la crainte que le passage du train à Lhassa encourage une invasion démographique et culturelle est notamment exprimée par le gouvernement tibétain en exil. Une partie des Tibétains dénonce en effet le risque de dilution de leur culture et de leur identité avec l’arrivée massive, grâce au train, de Hans et de Huis (musulmans), venus du reste du pays pour profiter des opportunités économiques du Tibet ou pour y faire du tourisme – le nombre de touristes ayant doublé entre 2006 et 2007. Ces inquiétudes ont encouragé les émeutes antigouvernementales de Lhassa en 2008. Enfin, les risques écologiques et humains présentés par de tels projets suscitent la controverse : les voies passent à 5 072 m d’altitude, elles parcourent un environnement fragile et instable, sujet aux tremblements de terre, et dont une partie est constituée de pergélisol (sous-sol gelé en permanence).<br />
De son côté, l’Inde s’inquiète de la volonté chinoise de développer des infrastructures de transport dans la région du Tibet qui pourraient lui permettre un déploiement militaire rapide et efficace. La ville de Nyingchi, qu’atteindra la voie ferrée dans les années à venir, se trouve en effet à la frontière de l’État indien d’Arunachal Pradesh, partiellement revendiqué par la Chine. Les développements prévus au Népal, faisant l’objet d’une lutte d’influence historique entre les deux pays, donnent d’ailleurs une longueur d’avance à Pékin, au grand dam de New Delhi.</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=116#more-116" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 4</a>, Mars-Avril 2011</p>
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		<title>Le Vietnam : un dragon en devenir ?</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Nov 2011 08:38:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Caroline Ronsin (mai 2011) Carte de Laura Margueritte Au moment où le Vietnam subit les répercussions de la crise économique mondiale, le Parti communiste vietnamien (PCVN), lors de son XIe congrès qui s’est tenu du 12 au 19 janvier 2011, a renouvelé son comité central et son bureau politique, au sein duquel est nommé le triumvirat qui]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1091" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0303_Vietnam_Eco_V4web1.jpg"><img class="size-large wp-image-1091" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0303_Vietnam_Eco_V4web1-598x1024.jpg" alt="" width="211" height="359" /></a><p class="wp-caption-text">Atouts économiques et enjeux géopolitiques du Vietnam (© Areion/Capri)</p></div>
<p><strong><em>Texte de Caroline Ronsin (mai 2011)<br />
</em></strong><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Au moment où le Vietnam subit les répercussions de la crise économique mondiale, le Parti communiste vietnamien (PCVN), lors de son XI<sup>e</sup> congrès qui s’est tenu du 12 au 19 janvier 2011, a renouvelé son comité central et son bureau politique, au sein duquel est nommé le triumvirat qui dirige le pays.</em></p>
<p>Le consensuel Nguyen Phu Trong, ancien président de l’Assemblée nationale, a été nommé au poste de secrétaire général du parti. Le Premier ministre, Nguyen Tan Dung, a été reconduit en mai 2011 pour les cinq prochaines années, tandis que son rival politique, Truong Tan Sang, a été nommé président de la République. L’Assemblée nationale a quant à elle été élue le 22 mai 2011. <span id="more-1088"></span>Ces renouvellements reflètent les équilibres régionaux du Vietnam. Depuis 2006 et la montée en puissance du Sud du pays, ces postes sont attribués à deux représentants originaires de cette région et un du Nord, écartant de fait le centre du pays. Une configuration répétée par le congrès de 2011 puisque le secrétaire général du PCVN est « nordiste » et les Premier ministre et président de la République pressentis « sudistes ». Les évolutions au sommet de l’État n’impliquent cependant pas de changement majeur dans la politique du Vietnam, dans la mesure où le partage du pouvoir met en avant les bénéficiaires du développement économique orchestré par le régime.</p>
<p><strong>Le Doï Moï, la politique du  « renouveau »</strong><br />
La libéralisation économique entamée en 1986 avec la réforme du Doï Moï (« renouveau ») met au crédit du PCVN le développement rapide d’un pays ruiné par des années de guerre et de mauvaise gestion. En suivant le mouvement d’ouverture lancé par la Chine dans les années 1970, la croissance vietnamienne se maintient autour de 7,5 % en moyenne depuis une décennie : le PIB par habitant (en dollars constants) a crû de 226 % entre 1984 et 2008. Les succès économiques du Vietnam et l’attrait que celui-ci exerce sur les investisseurs étrangers, notamment des pays de la Triade, de Chine et des nouveaux États industrialisés d’Asie, lui valent d’être considéré comme une puissance en devenir, un nouveau « dragon asiatique », à l’instar de la Corée du Sud ou de Hong Kong, et suscitent l’enthousiasme de la Banque mondiale et du FMI (Fonds monétaire international). Le pays rejoint en janvier 2007 l’OMC (Organisation mondiale du commerce).<br />
Fort de ces évolutions, le régime maintient son contrôle sur la société vietnamienne, dans une logique proche de celle de la Chine : la poursuite de la croissance en échange de la paix sociale. Les mois précédant le congrès du Parti communiste vietnamien sont ainsi l’occasion de réaffirmer son autorité en pratiquant une répression systématique à l’égard de la dissidence. Celle-ci, bien que limitée, s’appuie sur une blogosphère active qui est au cœur des mouvements de protestation contre certaines politiques gouvernementales. La signature d’un contrat d’exploitation de la bauxite avec la Chine, par exemple, a suscité l’ire d’une partie de la société civile, dénonçant à la fois le danger écologique représenté par les mines à ciel ouvert et un geste considéré comme une concession faite à l’ennemi historique chinois.</p>
<p><strong>La Chine, adversaire ou partenaire ?</strong><br />
Le sentiment antichinois reste en effet très fort trente ans après le conflit sanglant qui a suivi l’invasion du Vietnam par la Chine en février 1979, jusqu’à son retrait le mois suivant. Le dernier litige frontalier terrestre entre les deux pays a été réglé en 2008 et le golfe du Tonkin est devenu en 2000 une zone commune de pêche. Le contentieux sur les îles Paracel et l’archipel Spratly (revendiqué par les six pays riverains de la mer de Chine méridionale) continue toutefois de peser sur les relations bilatérales. La méfiance de la société vietnamienne à l’égard du grand voisin et la crainte de l’arrivée de travailleurs chinois sont néanmoins minorées par le régime qui privilégie une politique de rapprochement et de coopération économique. Le projet chinois d’extraction de la bauxite, évalué à 15 milliards de dollars d’investissements, permettrait au pays, qui dispose de la troisième réserve au monde, de devenir l’un des principaux producteurs en diversifiant une économie principalement fondée sur la production agricole (riz et café) et le secteur manufacturier (textiles).<br />
Cependant, la crise économique mondiale de 2008 a mis en évidence certaines faiblesses de l’économie vietnamienne et des signes d’essoufflement qui ont forcé le Premier ministre à lutter au sein du PCVN pour assurer sa reconduction. D’abord, le déficit commercial du Vietnam atteignait 17,5 milliards de dollars en 2008, son inflation 23 %. À la corruption de certains membres du parti se sont ajoutés ensuite d’inquiétants échecs économiques, notamment la quasi-faillite du constructeur naval Vinashin. La dette de cette entreprise d’État s’élevait à 4,4 milliards de dollars en 2009. Enfin, le manque de main-d’œuvre qualifiée a commencé à sérieusement peser sur la compétitivité du pays. Si la situation s’est rétablie dès la fin 2009, la monnaie vietnamienne, le dong, ne suscite toujours pas la confiance et a été dévaluée à trois reprises en 2010. Les défis à relever pour faire du Vietnam une économie industrielle d’ici à 2020 sont considérables, tant en matière de formation que de modernisation de l’administration et des infrastructures.</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=116#more-116" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 4</a>, Mars-Avril 2011</p>
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		<title>Quand les capitales déménagent</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 08:09:08 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Julien Arnoult (mars 2011) Carte de Laura Margueritte L’Indonésie envisage de changer de capitale pour des raisons pratiques. Mais historiquement, ce type de déplacement est le projet d’une nation, d’un pouvoir, ou d’un dirigeant, qui vise à marquer une rupture avec un ordre déclaré ancien. Lieu de pouvoir, la décision de déplacer une capitale relève d’une nature]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1064" class="wp-caption alignright" style="width: 304px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0302_DeplacementCapitale_V2web.jpg"><img class="size-medium wp-image-1064 " src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0302_DeplacementCapitale_V2web-300x300.jpg" alt="" width="294" height="294" /></a><p class="wp-caption-text">(© Areion/Capri)</p></div>
<p><strong><em>Par Julien Arnoult </em></strong><br />
<strong><em>(mars 2011)<br />
</em></strong><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>L’Indonésie envisage de changer de capitale pour des raisons pratiques. Mais historiquement, ce type de déplacement est le projet d’une nation, d’un pouvoir, ou d’un dirigeant, qui vise à marquer une rupture avec un ordre déclaré ancien.</em></p>
<p>Lieu de pouvoir, la décision de déplacer une capitale relève d’une nature politique. <span id="more-1063"></span>Les raisons du gouvernement indonésien constituent en fait une exception, car elles sont avant tout d’ordre géographique, et se démarquent des autres expériences asiatiques. Jakarta est menacée par la montée du niveau de la mer et l’activité sismique, ses espaces verts sont rares, ses embouteillages interminables, la ville de près de 10 millions d’habitants ne disposant pas de métro. Une restructuration urbaine serait très coûteuse, d’où l’idée de se doter d’un nouveau centre administratif sur l’île de Kalimantan, à Palangkaraya… qui ne résoudra toutefois pas les problèmes de saturation de l’ancienne Batavia.<br />
Ailleurs en Asie, les déplacements de capitale suivent une logique commune. Et en changeant de lieu, la toponymie évolue aussi. Fruit d’une volonté de rupture politique, le Japon, à l’aube de l’ère Meiji (1868-1912), fait d’Edo sa nouvelle capitale, qu’il rebaptise Tokyo, « la capitale de l’est » en japonais, au détriment de Kyoto, « la ville capitale ». Tournant le dos au passé ottoman, impérial et musulman, Mustafa Kemal (1923-1938) déplace en 1923 la capitale turque d’Istanbul à Angora, renommée Ankara, trois semaines avant la proclamation officielle du nouvel État républicain et laïc. Enfin, le Pakistan, créé pour être le foyer des musulmans indiens à l’issue de la partition du Raj britannique, fonde en 1967 <em>ex nihilo</em> la bien nommée Islamabad, « la ville de l’islam » en ourdou, pour remplacer Karachi. Après avoir retrouvé son nom d’origine en 1991, Akmola est choisi sept ans plus tard pour devenir la capitale du Kazakhstan indépendant, se substituant à Almaty (Alma-Ata), capitale administrative de la république soviétique kazakhe. Pour marquer son changement de statut, elle est rebaptisée Astana, soit « capitale » en kazakh.<br />
La Malaisie lui emboîte le pas en 1999, son gouvernement quittant Kuala Lumpur pour la ville nouvelle de Putrajaya, située à une vingtaine de kilomètres de là. En 2005, la junte birmane se choisit une capitale plus centrale, Pyinmana, à 400 km au nord de Rangoon, et la renomme Naypyidaw, « ville royale » en birman. Également annoncé en 2005, le projet de déplacer neuf ministères et plusieurs agences gouvernementales d’ici à 2014 de Séoul vers la ville nouvelle de Sejong, actuellement en construction en Corée du Sud, semble semé d’embûches et a d’ailleurs coûté son poste au Premier ministre coréen en juin 2010.<br />
Les motifs géopolitiques constituent le socle de ces modifications. Sans véritable information précise, il est supposé que la localisation du nouveau lieu de pouvoir birman vise à mieux le protéger d’une invasion étrangère. Véridique ou fantasmée, c’est aussi ce qui avait motivé le « père des Turcs » dans son choix, considérant la position d’Istanbul trop vulnérable. La quête d’équilibre (ou de contrôle) des différentes populations pèse tout autant. Islamabad est à la limite du Pendjab, du Cachemire et des zones ­pachtounes. Astana se situe dans la zone de contact entre Kazakhs et Russes, principale minorité nationale. Enfin, Naypyidaw est plus proche des régions Shan et Karen, les deux grandes ethnies minoritaires.<br />
Ville nouvelle ou remodelée, les récents changements de capitale ont été accompagnés de projets architecturaux et urbains démesurés. Telle est la marque du nouveau départ des dirigeants à poigne.</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=116#more-116" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 4</a>, Mars-Avril 2011</p>
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		<title>Première connexion pétrolière sino-russe</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 15:31:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Texte de Marguerite Desmichelle (décembre 2010) Carte de Laura Margueritte Le 27 septembre 2010, le président russe, Dmitri Medvedev, a inauguré lors de sa visite à Pékin l’oléoduc reliant la Sibérie orientale à la Chine. Un tournant pour la politique énergétique de la Russie et un succès pour la diplomatie énergétique chinoise. Lancé officiellement le 28 décembre 2009 par Vladimir Poutine,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Texte de </em></strong><em><strong>Marguerite Desmichelle (décembre 2010)<br />
</strong></em><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Le 27 septembre 2010, le président russe, Dmitri Medvedev, a inauguré lors de sa visite à Pékin l’oléoduc reliant la Sibérie orientale à la Chine. Un tournant pour la politique énergétique </em><em>de la Russie et un succès pour la diplomatie énergétique chinoise.</em></p>
<div id="attachment_1035" class="wp-caption alignnone" style="width: 441px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0201_Gazoduc_Chine_Russie_V2web2.jpg"><img class="size-large wp-image-1035" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/11/0201_Gazoduc_Chine_Russie_V2web2-1024x658.jpg" alt="" width="431" height="276" /></a><p class="wp-caption-text">L’oléoduc Sibérie orientale-océan Pacifique (© Areion/Capri)</p></div>
<p><span id="more-1029"></span>Lancé officiellement le 28 décembre 2009 par Vladimir Poutine, ce premier oléoduc sino-russe concrétise un projet de longue date pour lequel la Chine bataille depuis presque dix ans, Moscou ayant dans un premier temps privilégié le Japon. Après plusieurs années de tractations, le chantier du pipeline Sibérie orientale-océan Pacifique (ESPO) a pu débuter en avril 2006, mais c’est la visite de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, à Moscou à la fin du mois d’octobre 2008 qui a permis d’accélérer la construction du tronçon, long de 1 013 km, entre Skovorodino et Daqing, dans le nord-est de la Chine. Achevé fin octobre, cet oléoduc a été mis en service début novembre 2010 et fournira 15 millions de tonnes de pétrole brut à travers la frontière chaque année à partir du 1<sup>er</sup> janvier 2011, et ce jusqu’à 2030, pour un montant de 25 milliards de dollars, soit l’équivalent du crédit accordé par Pékin pour sa construction. Dès novembre, la Chine comptait importer 250 000 tonnes de pétrole brut de Russie et 300 000 tonnes en décembre.<br />
Cette infrastructure n’est qu’un branchement de l’oléoduc ESPO qui doit, à terme, relier sur plus de 4 000 km Taïchet au terminal de Kozmino sur le Pacifique afin d’exporter du pétrole russe vers le Japon, la Corée, mais aussi la Chine. La première section allant jusqu’à Skovorodino sur le sol russe n’a qu’une capacité de 30 millions de tonnes de pétrole, mais son prolongement d’ici à 2020 lui donnera une capacité annuelle de 80 millions de tonnes, en faisant un élément essentiel pour Pékin. D’ailleurs, la partie russe de l’oléoduc a été financée par des prêts chinois.<br />
Cette infrastructure permet à Moscou de diversifier ses exportations d’hydrocarbures sur les marchés asiatiques et ainsi sortir de sa dépendance vis-à-vis de l’Europe. L’oléoduc a également pour objectif de désenclaver les lointaines provinces sibériennes russes et d’accélérer leur développement.<br />
La venue de Dmitri Medvedev en Chine, la deuxième depuis le début de son mandat en 2008, a aussi marqué une étape importante dans l’approfondissement de la coopération énergétique entre le premier producteur mondial de pétrole et le premier consommateur d’énergie qu’est devenue la Chine, avec la signature d’une douzaine d’accords énergétiques et la perspective d’un nouveau partenariat sur le gaz à l’horizon 2011 qui prévoit la livraison de près de 30 milliards de mètres cubes de gaz russe à la Chine pendant trente ans à partir de 2015.</p>
<p>﻿Article extrait de <a href="../?p=67" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 3</a>, Décembre 2010-Janvier 2011</p>
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		<title>Afghanistan : les talibans plus près du pouvoir</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 07:15:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Contance de Bonnaventure (septembre 2011) Carte de Laura Margueritte Le 7 octobre 2001, peu après les attentats du World Trade Center, les États-Unis lancent en Afghanistan l’opération « Enduring Freedom ». L’objectif final exprimé par George W. Bush, alors président, est de détruire les camps d’entraînement d’Al-Qaïda. Dix ans se sont écoulés et les Américains et l’OTAN préparent]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Texte de Contance de Bonnaventure (septembre 2011)<br />
</strong></em><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Le 7 octobre 2001, peu après les attentats du World Trade Center, les États-Unis lancent en Afghanistan l’opération « Enduring Freedom ». L’objectif final exprimé par George W. Bush, alors président, est de détruire les camps d’entraînement d’Al-Qaïda. Dix ans se sont écoulés et les Américains et l’OTAN préparent aujourd’hui leur retrait. Dans le même temps, l’ennemi taliban est devenu un interlocuteur valable.</em></p>
<div id="attachment_995" class="wp-caption alignnone" style="width: 450px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/10/0305_Afghanistan_V2web1.jpg"><img class="size-large wp-image-995" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/10/0305_Afghanistan_V2web1-1024x745.jpg" alt="" width="440" height="318" /></a><p class="wp-caption-text">Présence des groupes talibans (© Areion/Capri)</p></div>
<p><span id="more-992"></span>Barack Obama a annoncé, le 22 juin 2011, le départ de 10 000 soldats américains à la fin de l’année et de 33 000 au total avant septembre 2012. Les États-­Unis ont prévu un retrait progressif : en 2014, tout le contingent américain aura quitté l’Afghanistan. Le 7 juillet 2011, le Canada devançait ses alliés en retirant ses troupes du territoire afghan. Quant au Royaume-­Uni, il va réduire son contingent de 500 hommes en 2012. De son côté, la France s’adaptera au calendrier américain. En somme, en 2014, tous les pays membres de l’ISAF, la mission de l’OTAN en Afghanistan, auront quitté les lieux, soit près de 133 000 soldats.<br />
L’annonce de ces départs affaiblit la coalition en Afghanistan. En août 2011, malgré le ramadan, les talibans ont multiplié les attaques contre les forces étrangères, ce qui laisse présager un dur passage de relais à l’armée nationale afghane (ANA). Bien que forte de 150 000 hommes, l’ANA souffre d’un manque de crédibilité auprès de la population ; une absence de confiance qui constitue un handicap pour les forces de sécurité afghanes, en particulier la police accusée de corruption et d’incompétence.</p>
<p><strong>Rompre avec Al-Qaïda</strong><br />
Les forces de la coalition préparent aussi leur retrait sur le plan politique. Les négociations avec les talibans ne sont un secret pour personne. En juin 2011, interrogé par CNN, ­Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, confirme que Washington mène des pourparlers avec les insurgés. « Je pense qu’il y a eu une volonté de discuter de la part d’un certain nombre de pays, y compris les États-­Unis », explique-­t‑il ; une volonté amorcée par les Britanniques dès 2009. L’objectif officiel est de soutenir les efforts de réconciliation entre le gouvernement afghan et certains talibans afin de mettre un terme à l’insurrection. Le succès militaire étant difficile à établir, les Occidentaux préfèrent aujourd’hui miser sur la diplomatie. Dans le cadre de ce processus, les États-­Unis exigent que les talibans renoncent à la violence, rompent tout lien avec Al-Qaïda et respectent la Constitution afghane. La vision de la communauté internationale a récemment évolué à ce sujet. En juin 2011, le Conseil de sécurité des Nations unies accepte une requête des États-Unis, demandant qu’Al-Qaïda et les talibans soient traités de façon distincte sur la liste des terroristes mondiaux que l’ONU tient depuis 1998. Les sanctions des Nations unies visant des membres d’Al-Qaïda ne s’appliqueront donc pas systématiquement aux talibans, et il sera alors plus facile de retirer ces derniers de la liste. Pour Ahmed Rashid, journaliste et spécialiste du conflit afghan, cette mesure constitue une étape considérable et ne peut que clairement favoriser le dialogue ; cependant, seul un accord de paix avec les insurgés permettrait un retrait positif des troupes d’Afghanistan (<em>The ­Financial Times</em>, 4 juillet 2011).</p>
<p><strong>Un gouvernement de l’ombre</strong><br />
Quoi qu’il en soit, les talibans reprennent de plus en plus de terrain dans le sud pachtoune, leur fief historique, mais aussi (et c’est un phénomène nouveau) dans le nord, traditionnellement hostile aux talibans (<em>cf. carte</em>). Les provinces de Balkh, Kounduz, Takhar, Badghis ou encore Kapisa, pour ne citer qu’elles, avaient la réputation, il y a encore un an, d’être très sécurisées. Elles sont aujourd’hui en proie à de violents combats. Toujours aussi pauvre, la majeure partie de la population voit s’enrichir une poignée d’Afghans proche des étrangers et du pouvoir. Hausse des prix, absence de travail et de justice, les habitants sont lassés par un gouvernement toujours aussi corrompu. Les insurgés ont profité de la vacuité du pouvoir et du ras-le-bol de la population locale : ils proposent à leurs combattants des salaires pouvant aller jusqu’à 300 dollars par mois, soit beaucoup plus que le salaire d’un policier (qui ne dépasse pas les 100 dollars). Les talibans ont mis en place un gouvernement de l’ombre : ils ont nommé dans presque chaque province un gouverneur, un juge et un chef militaire. Et c’est vers ce gouvernement que la population se tourne, en particulier pour tout ce qui relève de la justice. Là où personne ne légifère, les talibans règlent les problèmes quotidiens des villageois : dots trop élevées, disputes pour un bout de terrain, vols, etc.<br />
Ils ont également réussi à faire preuve d’assouplissement dans leurs mesures imposées à la population. Dans la province de Baghlan (au nord), ils vont chercher les enfants pour les emmener à l’école. Ils sont ce ­qu’Antonio ­Giustozzi, chercheur à la London School of Economics, appelle les « néo-talibans ». De mieux en mieux acceptés par la population, ils constituent alors une alternative séduisante à la présence étrangère.<br />
Reste que d’une zone à l’autre, cela diffère. Le « groupe taliban » est encore loin d’être homogène. Dans les régions proches du Pakistan, les combattants ont une approche beaucoup plus dure et rigoriste. Et dans le sud pachtoune, une nouvelle génération de talibans a pris le relais : plus jeunes, plus radicaux, ils s’opposent farouchement aux négociations. Difficile alors pour les Occidentaux de trouver les bons interlocuteurs.</p>
<p>Article extrait de <a href="http://www.carto-presse.com/?p=964" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 7</a>, Septembre-Octobre 2011</p>
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		<title>Élections en Birmanie,  un  tournant  démocratique ?</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Oct 2011 07:05:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Marguerite Desmichelle (décembre 2010) Carte de Laura Margueritte Premier scrutin organisé depuis vingt ans, les élections législatives du 7 novembre 2010, loin d’ouvrir un processus de démocratisation, ont plutôt visé à légitimer le contrôle du pouvoir par la junte et à redorer son image sur la scène internationale. La libération d’Aung San Suu Kyi, quelques jours]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em></p>
<div id="attachment_980" class="wp-caption alignleft" style="width: 230px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/10/0203_Birmanie_V4.jpg"><img class="size-medium wp-image-980" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/10/0203_Birmanie_V4-220x300.jpg" alt="" width="220" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Birmanie : une position et des ressources convoitées (© Areion/Capri)</p></div>
<p></em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em><em><strong>Texte de Marguerite Desmichelle<br />
(décembre 2010)<br />
</strong></em><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Premier scrutin organisé depuis vingt ans, les élections législatives du 7 novembre 2010, loin d’ouvrir un processus de démocratisation, ont plutôt visé à légitimer le contrôle du pouvoir par la junte et à redorer son image sur la scène internationale. La libération d’Aung San Suu Kyi, quelques jours après le vote, y participe et suscite en même temps l’espoir d’un possible changement.</em></p>
<p>C’est sans surprise que le parti représentant la junte a revendiqué la victoire aux élections avec 80 % des suffrages, tout ayant été fait pour qu’elle puisse conserver la mainmise sur le pays et éviter la répétition du scrutin de 1990 qui a vu la victoire écrasante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi. <span id="more-979"></span>En imposant notamment des conditions de ressources restrictives aux candidats, en réservant un quart des sièges aux militaires par l’adoption d’une nouvelle Constitution en mai 2008 et en favorisant l’émergence de partis menés par des militaires ou des proches du pouvoir, l’opposition a été réduite à une portion congrue. La LND a même décidé de boycotter ce qu’elle considérait comme une « farce électorale ». Dans ce contexte, le scrutin s’est déroulé dans une atmosphère de corruption et d’intimidation tant et si bien que la population a eu le sentiment que ses votes avaient été « volés ». Dans les régions hébergeant des minorités ethniques (Shans, Karens…), certaines populations ont dû voter sous la contrainte, d’autres se sont parfois vu retirer leur droit de vote sous prétexte de la présence de mouvements rebelles, rappelant la répression menée par le gouvernement à l’égard des minorités depuis l’instauration du régime militaire en 1962. D’ailleurs, dès le lendemain des élections, des échauffourées ont éclaté entre l’armée birmane et des rebelles karens dans certaines villes de la zone frontalière avec la Thaïlande, où plusieurs millions de Karens vivent réfugiés. Depuis l’indépendance obtenue des Britanniques en 1948, l’intégration des minorités ethniques (un quart de la population), qui réclament une autonomie élargie au sein du pays, reste un des enjeux prégnants et une source d’instabilité de la Birmanie.<br />
Ainsi la Chine voisine n’a pas hésité à jouer le rôle de médiateur lors de l’offensive de l’armée birmane contre la guérilla des Chinois du Kokang en août 2009. Il est vrai que Pékin a tout intérêt à garantir la stabilité d’un pays dont il convoite les nombreuses ressources naturelles (pierres précieuses, bois de teck, hydrocarbures…). Du fait de l’isolement du régime militaire birman sous le coup de sanctions internationales, la Chine, principal soutien de la junte, est aujourd’hui le premier investisseur et un partenaire économique du pays. Elle lui fournit des armes, des avions et importe des hydrocarbures. Afin d’éviter le passage par le détroit de Malacca, la Birmanie est devenue un pion essentiel dans la stratégie d’approvisionnement énergétique de Pékin. En septembre 2010, la compagnie pétrolière CNPC (China National Petroleum Corporation) a non seulement lancé la construction entre le Yunnan et le littoral birman d’un oléoduc long de 2 300 km, qui transportera 22 millions de tonnes de pétrole brut en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique à partir de 2013, mais aussi d’un gazoduc pour acheminer 12 milliards de mètres cubes annuels du gisement de Shwe (<em>cf. carte</em>). Pékin installe également des bases militaires sur le littoral birman dans le cadre de sa politique du « collier de perles », consistant à affirmer sa présence sur le pourtour de l’océan Indien et à sécuriser ses approvisionnements énergétiques depuis le golfe Persique. Un projet d’autoroute reliant la Chine au Bangladesh via le territoire birman est à l’étude.<br />
Les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) sont aussi des partenaires économiques privilégiés de la Birmanie, ce qui les rend réticents à condamner la politique menée par la junte. Persuadé que leur soutien empêche une possible évolution interne du pays, le président Obama a exhorté le plus grand membre de l’ASEAN, l’Indonésie, à prendre position de manière plus tranchée dans le dossier birman ; la pression internationale ayant indéniablement joué dans la libération d’Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003. Son action risque de rester limitée car au lendemain des élections, le régime sort renforcé et jouit de soutiens extérieurs et d’atouts économiques suffisants pour se maintenir. Il est peu probable de voir s’opérer des changements dans le pays où le narcotrafic, la corruption et la répression règnent en maîtres et où la population sombre chaque jour un peu plus dans la misère.</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=67" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 3</a>, Décembre 2010-Janvier 2011</p>
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		<title>La péninsule coréenne sous tensions</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 09:59:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Texte de Camille Bouteille (septembre 2010) Carte de Laura Margueritte Après le torpillage du navire sud-coréen, le Cheonan, le 26 mars 2010 par la Corée du Nord, provoquant la mort de 46 marins, la tension monte entre les deux Corée. L&#8217;incident a eu lieu non loin de Baengnyeong, une île au large de la Corée du Nord mais appartenant]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_743" class="wp-caption alignleft" style="width: 190px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/05/0401_Coree_web.jpg"><img class="size-medium wp-image-743" src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/05/0401_Coree_web-180x300.jpg" alt="" width="180" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Retour de la « guerre froide » entre les deux Corée (© Areion/Capri)</p></div>
<p><em><strong>Texte de Camille Bouteille (septembre 2010)<br />
</strong></em><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<p><em>Après le torpillage du navire sud-coréen, le </em>Cheonan<em>, le 26 mars 2010 par la Corée du Nord, provoquant la mort de 46 marins, la tension monte entre les deux Corée.</em></p>
<p>L&#8217;incident a eu lieu non loin de Baengnyeong, une île au large de la Corée du Nord mais appartenant au Sud, c’est-à-dire à proximité de la Northern Limit Line (NLL), qui constitue la ligne de démarcation maritime entre les deux Corée en mer Jaune depuis l’armistice de 1953. Pyongyang n’a jamais reconnu cette frontière, que ses navires franchissent régulièrement. Cette zone maritime a toujours été une source de tensions entre les deux États en raison de ses richesses halieutiques, en particulier les crabes qui représentent un commerce très lucratif. <span id="more-742"></span>Les nombreux incidents, parfois mortels, survenus entre les protagonistes, tels les tirs de semonce échangés le 27 janvier 2010, ont été surnommés la « guerre du crabe ». D’une tout autre ampleur, le torpillage de la corvette sud-coréenne est certainement l’accrochage le plus grave survenu entre les deux Corée depuis l’attaque nord-coréenne contre Korean Air en 1987, au cours de laquelle un appareil sud-coréen avait explosé en plein vol, occasionnant 115 morts.<br />
Une enquête internationale rendue publique le 20 mai 2010 a démontré l’implication d’un sous-marin nord-coréen. Récusant ces affirmations, Pyongyang, qui dispose de la quatrième armée du monde, a placé ses troupes en état d’alerte maximum quelques jours plus tard et dénoncé le pacte de non-agression signé avec le Sud en 1991. Les relations commerciales ont ainsi été rompues. La Corée du Sud a, quant à elle, menacé de reprendre sa campagne de propagande le long du 38<sup>e</sup> parallèle. Ayant déjà obtenu le soutien de Washington, Séoul réclame désormais que des sanctions internationales soient votées au Conseil de sécurité des Nations unies. Il lui faut pour cela convaincre la Russie, mais surtout la Chine, qui hésitera peut-être à voter contre cet embarrassant allié dont elle est le principal partenaire économique. Le 14 juin 2010, les deux parties ont été auditionnées à New York : alors que le Sud a présenté des preuves accablantes contre le Nord, les émissaires de Pyongyang se sont contentés une nouvelle fois de nier. Le 10 juillet, le Conseil de sécurité a officiellement condamné l’attaque du <em>Chenoan</em>, sans toutefois incriminer directement la Corée du Nord. La Chine, disposant d’un droit de veto, a sans aucun doute préféré maintenir le dialogue. Elle a d’ailleurs fait envoyer un émissaire le 16 août 2010 afin d’évoquer la reprise des discussions à six (les deux Corée, la Chine, la Russie, les États-Unis et le Japon) sur la fin du programme nucléaire nord-coréen. En 2006, le régime nord-coréen avait fait procéder à des essais nucléaires, révélant au monde sa détention de l’arme atomique. Depuis cet épisode, sous le coup de sanctions économiques internationales, la Corée du Nord connaît un isolement croissant sur la scène internationale : le rapprochement amorcé par la rencontre historique de Kim Jong-il et Kim Dae-jung (l’ancien président sud-coréen de 1998 à 2003) en 2000, qui avait alors suscité beaucoup d’espoir parmi les Coréens, sans pour autant déboucher sur de réelles avancées, a pris fin.<br />
Washington a décrété le 30 août dernier de nouvelles sanctions économiques et financières et décidé de jouer la carte de la dissuasion militaire, plus de 28 000 soldats américains étant toujours stationnés au Sud. Du 16 au 27 août, l’armée américaine et l’armée sud-coréenne ont ainsi organisé des manœuvres militaires conjointes impliquant 30 000 Américains et 56 000 soldats sud-coréens, ce qui a, en retour, provoqué l’ire de Pyongyang.<br />
Cet incident survient dans un contexte politique et économique complexe. Des élections municipales se sont tenues en Corée du Sud le 4 juin, durant lesquelles la menace nord-coréenne a été largement utilisée et amplifiée par le camp présidentiel qui cherche à redorer son blason. Au nord, il semblerait que Kim Jong-il, malade, prépare sa succession : son beau-frère et son troisième fils ont été nommés à de hautes responsabilités. Toutefois, la mort du « cher dirigeant » ne manquerait pas d’entraîner de sérieux troubles en Corée du Nord, où la misère a encore progressé après la dévaluation du won en novembre 2009 (les écarts de niveau de vie entre les deux Corée étant bien plus importants que ceux qui existaient entre les deux Allemagne à la chute du mur de Berlin). Les observateurs craignent par conséquent l’implosion d’un pays qui possède l’arme nucléaire et qui n’est pas à l’abri de quelque acte désespéré contre le reste du monde, totalement diabolisé par la propagande officielle. Les deux Corée ne sont-elles d’ailleurs pas toujours officiellement en guerre, depuis plus de soixante ans ?</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=12" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 2</a>, Septembre-Novembre 2010</p>
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		<title>Kirghizstan : changement de régime à risque</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jun 2011 12:31:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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		<category><![CDATA[ASIE-OCÉANIE]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[conflit ethnique]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte de Frank Tétart et Camille Bouteille (septembre 2010) Carte de Laura Margueritte Ancienne république soviétique d’Asie centrale, le Kirghizstan a été en juin 2010 le théâtre d’affrontements violents opposant les Kirghizes à la minorité ouzbek. Conflit ethnique ou instrumentalisation politique des populations par l’ancien président renversé en avril dernier ? Mosaïque ethnique de peuples turcophones et persanophones musulmans,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Texte de Frank Tétart et Camille Bouteille (septembre 2010)<br />
</strong></em><strong><em>Carte de Laura Margueritte</em></strong></p>
<div id="attachment_727" class="wp-caption alignleft" style="width: 301px"><a href="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/05/0408_Kirghizstan_web.jpg"><img class="size-medium wp-image-727 " src="http://www.carto-presse.com/wp-content/uploads/2011/05/0408_Kirghizstan_web-300x179.jpg" alt="" width="291" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">Affrontements ethniques au Kirghizstan (© Areion/Capri)</p></div>
<p><em>Ancienne république soviétique d’Asie centrale, le Kirghizstan a été en juin 2010 le théâtre d’affrontements violents opposant les Kirghizes à la minorité ouzbek. Conflit ethnique ou instrumentalisation politique des populations par l’ancien président renversé en avril dernier ?</em></p>
<p><span id="more-726"></span>Mosaïque ethnique de peuples turcophones et persanophones musulmans, auxquels se sont adjoints les Russes au cours de la russification puis de la soviétisation de la région, l’Asie centrale est une construction politique artificielle de Staline, qui en a tracé les frontières entre 1924 et 1936 afin de fragmenter la population de chacune des républiques soviétiques.<br />
Cela est particulièrement visible dans la vallée du Fergana, partagée entre l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan et neuf enclaves, et explique la présence notamment de 13 % d’Ouzbeks (avant tout dans le sud du Kirghizstan, dans les villes d’Och et de Djalalabad) et de 12 % de Russes parmi les 5,5 millions d’habitants que compte le Kirghizstan. Il est cependant nécessaire de relativiser le clivage ethnique dans ce pays même si, depuis la dislocation soviétique, le discours nationaliste kirghize a pris de l’importance – seules les langues kirghize et russe étant reconnues comme langues officielles – et que la méfiance s’est installée entre les deux communautés, avant tout en raison de la concentration des Ouzbeks dans le Sud du pays, contribuant au soupçon d’une volonté de sécession du Sud en faveur de l’Ouzbékistan.<br />
De fait, la révolution des Tulipes, en 2005, qui avait conduit à un renversement du régime autoritaire du président Akaïev, n’avait aucun caractère ethnique, ni engendré une violence telle que celle à laquelle nous avons pu assister en avril 2010 lorsque son successeur, le président Kourmanbek Bakiev, a été renversé. Tout laisse à croire qu’une rixe entre bandes à Och est à l’origine des tensions de juin 2010 entre communautés que des rumeurs à caractère ethnique ont concouru à envenimer. Bilan : quelque 200 morts, victimes des massacres perpétrés à l’encontre de la population ouzbek, et fuite de 75 000 à 80 000 personnes vers l’Ouzbékistan voisin. Selon les experts de la région, les communautés ont été instrumentalisées afin de déstabiliser le pays au profit du président déchu Bakiev, exilé en Biélorussie, dont le fief est la province de Djalalabad, au moment même où le gouvernement provisoire dirigé par Roza Otunbayeva allait faire approuver par référendum des changements constitutionnels visant à réduire les pouvoirs du chef de l’État après les abus commis par Bakiev.<br />
Finalement, c’est à 90,8 % que les électeurs kirghizes se sont prononcés en faveur de ce changement constitutionnel le 27 juin 2010, alors que la participation atteignait 69,48 %. Un signe encourageant pour le gouvernement provisoire de Mme Otunbayeva, dont le pouvoir se trouve conforté dans l’attente de la tenue des élections présidentielles prévues en octobre. Si la majorité du peuple kirghize lui fait aujourd’hui confiance, elle doit cependant gérer un État dans une situation politique, sécuritaire et financière précaire, les caisses de l’État ayant été quasiment vidées au moment de la révolution de 2005 par les anciens dirigeants et membres du gouvernement aujourd’hui poursuivis. Les observateurs internationaux sont également satisfaits de ces résultats encourageants, prémices d’une future République parlementaire.<br />
La Russie se dit toutefois inquiète de la faiblesse du pouvoir dans un pays encore très instable. Pourtant, Moscou a refusé de répondre favorablement à la demande d’intervention militaire réclamée le 12 juin par Roza Otunbayeva. Si Moscou comme Washington semblent s’entendre pour souhaiter la stabilité du pays, c’est qu’ils y possèdent tous deux une base militaire stratégique dans le pays : celle des États-Unis, servant au ravitaillement des troupes en Afghanistan, est devenue un élément indispensable à la stratégie américaine au Moyen-Orient.</p>
<p>Article extrait de <a href="../?p=12" target="_blank"><em>CARTO </em>n° 2</a>, Septembre-Novembre 2010</p>
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		<title>« Les catastrophes ont changé de nature »</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Apr 2011 11:14:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MB</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>À partir de leur décodage du Japon et des risques, sur le blog de <a href="http://www.franceculture.com/blog-globe-2011-04-04-%C2%AB-les-catastrophes-ont-change-de-nature-%C2%BB-entretien.html" target="_blank"><em>Planète terre</em></a> (France Culture), les géographes Marie Augendre et Magali Reghezza expliquent comment &laquo;&nbsp;les catastrophes ont changé de nature&nbsp;&raquo; .</p>
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